mardi 17 juillet 2007

¡Me encanta el castellano!

À mon plus grand bonheur, je n'ai pas eu à chercher des cours d'espagnol parce que SUCO a payé des cours particuliers de niveau intermédiaire pour Louise, Nancy et moi. Grâce au talent de notre fabuleuse professeure argentine, Jimena, en moins d'un mois j'ai senti que j'avais fait beaucoup de progrès : vocabulaire élargi, accent plus authentique, meilleure connaissance de la grammaire. Surtout, j'ai beaucoup amélioré mon expression orale, même si je prends beaucoup de temps à réfléchir à la conjugaison des verbes. Étonnamment, mes deux ans d'espagnol au secondaire et le cours d'été suivi au YMCA en 2003 m'avaient donné une base assez solide pour progresser rapidement. Je crois que si j'ai pu retenir quasiment tout ce que j'avais appris, même après de nombreuses années sans pratique, c'est que ma passion pour la langue de Cervantes était et demeure toujours très vive. Quel idiome logique et intuitif! Quels sons mélodieux! Quels admirables mouvements de la langue! Aaarrrrriba!

Après deux semaines de cours, je rencontrai dans le métro un vieil homme saugrenu qui essayait de me poser une question en marmonnant et en gesticulant. Mes tentatives de lui parler en anglais et en français ayant échoué, il osa un "¿español?" avec un haussement d'épaules, ne s'attendant évidemment pas à ce qu'une canado-chinoise sache parler espagnol. Pourtant, mon visage s'illumina et je hochai prestement la tête : ¡Sí, un poco! Ainsi commença une longue conversation, dans laquelle j'appris que, matelot cubain de longue date, il avait connu l'ascension de Castro et la transition vers le communisme ; qu'il avait parcouru le monde en bateau et avait même vécu quelque temps en Chine, alliée de son pays natal, où il apprit une centaine de mots en mandarin et fut marqué par la pauvreté de l'ère maoïste et la masse paysanne en uniforme bleu ou vert ; qu'il avait déménagé il y a 7 ans à Montréal avec sa famille, à la recherche d'une vie meilleure ; qu'il s'apprêtait maintenant à retourner à Cuba pour rejoindre son fils qui y était resté. Ensuite, m'étonnant moi-même de la fluidité de mes paroles, je lui résumai mon parcours et lui contai l'aventure qui m'attendait au Pérou. En descendant à mon arrêt, je me sentis toute fière d'avoir réussi ma première véritable conversation en espagnol, tout en me rappelant que la seule autre fois où ma langue s'était ainsi déliée remontait à mon séjour d'échange en Suisse, lorsque je fus draguée par un Portugais dans une discothèque genevoise!

Maintenant, les deux autres stagiaires étant déjà parties au Nicaragua et au Honduras, les cours particuliers sont terminés et je me retrouve à pratiquer l'espagnol par moi-même, en lisant les actualités du Pérou sur internet, en écoutant des émissions de radios péruviennes, en feuilletant un livre d'exercices et en conversant avec moi-même lorsque je suis seule. De plus, je me suis mise à repérer les hispanophones dans les transports publics et à m'en approcher pour écouter discrètement leurs conversations. Heureusement, j'ai trouvé une bien meilleure façon de me pratiquer l'oreille et la langue : une stagiaire qui va aller au Mali m'a présentée à son chum péruvien qui veut améliorer son anglais, afin qu'on se rencontre régulièrement pour des sessions d'échange linguistique. Les deux premières rencontres ont très bien été et on s'enligne pour une troisième bientôt!

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