dimanche 23 septembre 2007
Et l'aventure commence!
vendredi 21 septembre 2007
Les mines me minent
Tous les collègues et certains amis étaient invités. Avec musique de fond, assis sur les divans de la grande maison d’Émilie, on a parlé des régions du Pérou, des histoires de voyages en moto dans les communautés (oui, moi aussi je vais apprendre à faire de la moto!) et de la vie à Huallanca. On buvait à la péruvienne, c’est-à-dire tour à tour avec le même verre, chacun prenant une gorgée de bière et vidant la mousse dans un bol à terre puis passant le verre et la bouteille au prochain. Je n'ai jamais été amatrice de la bière, mais puisque c'est tout ce que l'on semble boire ici, j'ai résolu de me familiariser avec les marques et les rites associés à sa consommation. Première leçon d'Émilie : les bières péruviennes varient en popularité, dépendant de la région - Pilsen au Nord, Cusqueña dans la costa, Cristal dans la sierra. Heureusement, le Pérou a aussi ses vins et ses liqueurs, notamment les vins sucrés et le Pisco de la région d'Ica, qui sont beaucoup plus susceptibles de conquérir ma faveur.
mardi 18 septembre 2007
Premières impressions de Huallanca
Enfin, je rencontre Émilie, la coopérante qui travaille étroitement avec le Centro. Elle parle avec une telle fluidité et un accent local si authentique que j’en suis éblouie. Parfaitement intégrée dans la communauté qu’elle habite depuis 2 ans, elle a visiblement l’amitié et la confiance des employés de SUCO et du centre, ainsi que de la population. En l’accompagnant à son atelier sur la nutrition dans une classe du soir où participent adultes, enfants et bébés, je m’émerveille devant son talent oratoire et me demande si, en 6 mois, j’atteindrai le même niveau de confort.
dimanche 16 septembre 2007
Les plus beaux paysages que j’ai jamais vus
Arrivées à Huaraz, je me promène avec Meche dans les rues achalandées où se côtoient écoliers, mendiants, marchands de vêtements à laine d’alpaca et vendeurs de chiots. Ravagée par un tremblement de terre il y a 30 ans, cette ville touristique à 3 heures de Huallanca s’est reconstruite dans le désordre et le chaos, mais la diversité et l’abondance de ses commerces en font un endroit animé et fascinant. Après une brève tournée, pendant laquelle j’ai eu droit à plusieurs regards curieux et à des ¡mira mira!, ¡oye chinita!, ¡hola bonita!, etc., je me dis que j’y reviendrais sûrement assez souvent.
Demain, nous partons à 6h du matin pour ma destination finale.
vendredi 14 septembre 2007
Adaptation
Ariane et moi partageons une chambre d’hôtel dans le quartier central et aisé de Miraflores. Heureusement, nous nous entendons bien et nous avons sensiblement les mêmes préférences quant à la nourriture, la manière de voyager, etc. Nous passons la journée dans le bureau de SUCO à recevoir la formation et pendant la soirée, nous nous promenons dans la ville, explorant les boutiques, les marchés artisanaux et les cafés, sous l’effet somnolant du ciel gris, de l’humidité et du froid transperçant.
Même si les plages sont sales et la pollution est étouffante, j’adore le paysage liménien pour ses maisons excentriques et ses immeubles bas. Il y a peu de grands édifices pour cacher le ciel et les quelques appartements et hôtels qui font exception à la règle nuisent considérablement au charme urbain. En revanche, le système de transport me plaît beaucoup moins. Les combis (espèce de mini-bus privés qui remplacent les transports publics inexistants) sont souvent bondées et leurs contrôleurs de billets peuvent être très désagréables. Les taxistes conduisent comme des fous et refusent souvent de t'amener dans les districts lointains. Le réseau de tramway, à moitié terminé sous le premier gouvernement de Garcia, ne fonctionne que dans un district. Dommage qu'il y ait si peu de piétons et de cyclistes, mais tant d'automobilistes qui pratiquent le klaxonnement préventif.
Quant à mon espagnol, j’ai fait pas mal de progrès depuis mon arrivée lundi soir. Je comprends quasiment tout, mais j’ai encore du mal à m’exprimer. C’est à Huallanca que je vais réellement m’améliorer, quand j’aurai à travailler chaque jour en espagnol et que je ne serai plus avec Ariane (on se parle en français et quand on sort c’est habituellement elle qui prend la parole parce qu’elle parle beaucoup mieux que moi).
Comme partout ailleurs, les gens voient difficilement au-delà de l'apparence, surtout ici où l'ethnie est un signe de statut socio-économique important. Les indígenas sont les paysans simplets et tranquilles, les Afro-péruviens les fêtards indigents, les Sino-péruviens les commerçants habiles, les Péruviens japonais les entrepreneurs ambitieux... Évidemment, l'élite est majoritairement blanche et les visages dans les publicités aussi. Monica, chanteuse afro-péruvienne et fondatrice d'une ONG qui promeut la culture et les droits des Noirs, me raconte qu'en raison de la couleur de sa peau, elle se fait toujours traiter comme une étrangère dans son propre pays : on lui parle en anglais, on lui demande de quel pays elle vient, etc. Ça me rappelle un peu ma propre situation au Québec, où l'on m'adresse toujours la parole en anglais, on est surpris quand je parle sans accent, on me demande si je suis adoptée, etc. Mais contrairement à moi, qui suis issue d'une famille immigrante, ses ancêtres ont vécu au Pérou depuis des siècles.mardi 11 septembre 2007
Arrivée
Je suis arrivée saine et sauve à Lima, avec tous mes bagages et toute ma bonne humeur, malgré le manque de sommeil des derniers jours.Par un heureux hasard, j’ai rencontré maman, les flots et le beau-père à l’aéroport. Ils étaient là depuis belle lurette mais n'étaient toujours pas embarqués dans l’avion pour Winnipeg à cause de problèmes de bagages. J’ai pu leur dire une dernière fois au revoir avant de les quitter pour 6 mois.
Dans la salle d’attente, j’ai trouvé Ariane, l’autre stagiaire de SUCO au Pérou, en compagnie d’une nouvelle amie liménienne Monica. Celle-ci nous a parlé de la vie nocturne et de la scène musicale de la capitale, ainsi que du tremblement de terre et de l’état de traumatisme psychologique des populations sinistrées.
Après une escale de 2 heures à Toronto, je me suis retrouvée assise à côté d’une femme âgée péruvienne, avec qui j’ai conversé en espagnol pendant tout le vol. « Son muy abiertos y calurosos los Peruanos, no como los Quebequenses. Vas a ver, te encantará el Perú. » Je soupçonnais que son évaluation peu positive du Québec avait quelque chose à avoir avec un manque d'intégration linguistique et culturelle et le fait que malgré ses 17 ans à Montréal, elle retournait chaque hiver dans son pays natal. Elle devait considérer le Canada non comme une terre d’adoption, mais un endroit de transit pour lequel elle ne ressentait ni appartenance ni affection. Ce qui ne signifie pas qu’elle était une mauvaise personne. Au contraire, elle fit preuve de cette chaleur péruvienne dont elle me parlait en me laissant ses coordonnées et en m’invitant à faire un tour chez elle.
So far so good. Même si on ne voit pas très bien dans l’obscurité jaunâtre, j’ai été agréablement surprise par l’originalité de l’architecture liménienne. En route vers l'hôtel, nous avons passé ce qui ressemble à un quartier industriel près de l’aéroport, puis San Miguel et enfin Miraflores. J’ai vu des maisons rectangulaires multicolores qui semblent avoir été construites pêle-mêle, au fur et à mesure que les habitants ont manqué d’espace. On aurait dit des boîtes entassées les unes par-dessus les autres, décalées, disparates. Mais ce drôle d’agencement a un charme indéniable. On voit que certains bâtiments plus officiels se sont inspirés de l’architecture vernaculaire et ont été construits dans un style semblable mais avec des éléments esthétiques supplémentaires. Bref, je suis déjà tombée amoureuse du paysage urbain de Lima!
Les policiers en uniforme noir militaire et les gardiens de sécurité privés des grandes résidences contrastent avec les bazardeurs miséreux et les nettoyeurs de rues qui empilent des tas de sacs d’ordures. Un peu comme en Chine, où personne ne se donne la peine de jeter les déchets dans les poubelles puisque, de toute façon, on embauche des travailleurs pour les ramasser.
Parmi la variété d’arbres bizarres et les murs couverts de graffitis, j’ai aperçu plusieurs de ces fameux chifas – mot espagnolisé provenant de 吃饭 (chifan), qui signifie « manger » – qui sont les restaurants chinois au Pérou. On les retrouve partout au pays et ils font partie intégrante de l’imaginaire collectif péruvien, qu’on me dit. En fait, les Chinois péruviens forment le plus grand groupe ethnique asiatique en Amérique du Sud.Bref, pour résumer mon appréciation initiale de Lima, je dirais que la ville me paraît éclectique, originale et fascinante. Mais je n’ai pas encore vu ses rues et ses édifices peuplés de gens. Je vous reviendrai plus tard avec mes impressions diurnes.
lundi 10 septembre 2007
I'm Leaving on a Jetplane
C'est le jour J. Le grand départ. Je viens de me réveiller après 3 brèves heures de sommeil, la tête qui tourne et les papillons dans l'estomac. J'aurais donc dû me préparer plus à l'avance. Mais entre les formalités à règler, les blogues à écrire, les demandes d'admission en médecine à remplir et les amis à revoir, le temps a filé comme un éclair.Après une visite de la terre natale d'Unibroue (je parle bien sûr de Chambly, QC) pour la Fête Bières & Saveurs, ainsi qu'un saut à Ste-Anne-de-la-Pérade (joli petit village avec une magnifique église, situé entre Trois-Rivières et Québec) pour les funérailles de grand-maman Tessier, c'est maintenant à Lima que je me dirige pour une formation de quelques jours, avant de me rendre dans les Andes péruviennes.
Soudainement saisie d'inquiétude à l'endroit de mon espagnol, j'ai passé la journée hier à écouter la radio péruvienne, pour me pratiquer l'oreille. Très spéciale leur manière de faire la radio. Ils aiment bien les messages chocs, avec une musique de fond et des voix dramatiques. Disons qu'une journée d'écoute n'aura pas été très efficace pour améliorer ma compréhension orale, mais au moins ça m'a amusé.
Papa est parti en Californie avec sa blonde, pour un petit voyage bien mérité. Maman est retournée à Winnipeg après les funérailles. Seule avec ma trépidation, je médite sur les aventures qui m'attendent. Serai-je réellement utile là-bas? Saurai-je m'adapter facilement? Éprouverai-je un choc culturel? Comment les Péruviens recevront-ils une Asiatique occidentale? Vais-je me faire voler mon appareil-photo neuf ou me faire mordre par un chien enragé? Aurai-je beaucoup de temps pour voyager? M'ennuierai-je de la maison, des études, des amis? Seul l'avenir me le dira.
À suivre...