mercredi 26 décembre 2007

En el Ombligo del Mundo

Cuzco m'a éblouie. Je m'attendais à un petit village joli, ennuyant et trop touristique. Je l'ai trouvé riche et vibrante. Le centre-ville est d'une beauté qui évoque (et rivalise presque) les capitales européennes. Les Espagnols, malgré leur pillage impardonnable des constructions incas et pré-incas, avaient quand même un don pour l'aménagement urbain. Sous le soleil et le ciel azur, il n'y a rien de plus agréable que de se promener dans la Plaza de Armas et les petites ruelles pavées de pierres... sauf quand on se fait assaillir par des vendeurs ambulants aboyant des formules anglaises apprises par coeur. C'est ainsi que m'a abordée Raúl, un jeune artiste de cartes postales qui a offert d'être mon guide... et mon petit ami! 1er hic : il avait 16 ans. 2è hic : je partais l'après-midi même pour Puno. 3è hic : je partais dans trois mois pour le Canada. Mais ces obstacles ne semblaient pas le déranger. ¡Relación a distancia! Euh... non. ¡Enamorados por algunas horas! (Copain-copine pour quelques heures) Euh... non plus.

Le contraste centre-périphérie accentue la modernité et l'esthétique du noyau urbain - d'où sortent peu de touristes - et l'indigence des quartiers marginaux, situés en hauteur. Quoique sales et négligés, les barrios populares sont, à mes yeux, bien plus attrayants que les havres touristiques, puisqu'ils ont une authencité inaltérée et sont bien plus remplis de vie, c'est-à-dire d'enfants qui courent, de vieillards qui jasent, de commerçants qui marchandent. Comme à Lima, les gens (dont les parents de mon prétendant Raúl) sont descendus des communautés avoisinantes pour gagner leur vie dans des conditions plutôt difficiles, mais ont su y développer leur style de vie propre.

Les endroits intéressants à explorer ne se limitent pas à la ville même. Dans les villages de la Vallée Sacrée à moins d'une heure en voiture, des ruines, des forteresses, des constructions hydrauliques et une variété de sites incas et pré-incas attendent les amateurs d'histoire et d'archéologie. Le plus intriguant, c'est que dans la même région, chaque site est unique. Les Incas avaient apparemment le souci d'être originaux dans chacune de leur construction.

Tout le monde m'avait dit que Cuzco était cher. Certes, les sites touristiques coûtent un bras, mais le logement et la nourriture ne sont dispendieux que pour ceux qui ne se donnent pas la peine de chercher plus loin. Par exemple, à Aguas Calientes (village près de Machu Picchu) au 2è étage du marché central, des cuisines ouvertes offrent d'excellents plats de la région à prix modiques, mais les touristes évitent l'endroit parce que l'entrée est peu attrayante et légèrement sale. Quant aux hôtels, il suffit de s'aventurer un peu plus loin de la plaza pour en découvrir des abordables. À Cuzco, on trouve des restos à 30 soles le plat mais aussi à 1,50 soles et des hôtels à 70 soles par nuit comme à 8 soles, de qualité semblable. Il s'agit d'explorer un peu, mais surtout de demander aux locaux qui ne peuvent se permettre le luxe des voyageurs. D'ailleurs, je n'ai jamais compris comment quelqu'un pouvait être attiré par les endroits clairement bricolés pour les touristes (est-ce que le nom "Restaurant Turístico" vous ouvre l'appétit?). Mieux vaut rester à la maison si, même en voyage, on n'ose pas sortir de sa zone de confort pour vivre une réalité culturelle autre mais authentique.

1 commentaire:

  1. Hey Soph!

    Happy birthday! I hope you're having a great time =).

    See you in a couple of months!
    Tala

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