
J'y suis entrée par un beau matin ensoleillé dans ce lieu enchanteur dont l'image idyllique a été maintes fois reproduite sur les murs des agences de voyage. À tout moment en me promenant sur le Chemin Inca, je m'attendais à ce que Tao et son perroquet Pichu sortent d'entre les arbres pour m'emmener à l'aventure, mais ce sont plutôt des gringos qui me sont apparus. Des Québécois même. Et deux Français, avec lesquels j'ai fini par passer la veille de Noël calant un Pisco Sour et savourant une délicieuse fondue au fromage andin, avant d'entrer dans une discothèque clairement touristique juste à temps pour le Happy Hour.
Ce soir-là, j'ai vu un Étasunien soûl, penché par-dessus le balcon, jetant des pièces de monnaie à des gamins pauvres qui faisaient exploser des pétards dans la plaza. On aurait dit une scène dans un zoo, où le visiteur niais lance des miettes de pain aux animaux affamés. Le gringo, lui, trouvait ça bien amusant. Puis, pour témoigner de sa très grande intelligence, il a décidé de lancer sa bouteille de bière aussi. Paf! "You know you could have smashed somebody's head," lui ai-je dit furieusement. "Hehe... bang!" m'a-t-il répondu avec un sourire idiot, comme seuls les touristes ivres savent afficher.

Mais revenons à Machu Picchu. Ç'aurait pu être mille fois plus magique s'il y avait eu moins de touristes, plus de temps pour une montée à pied, moins de structures modernes construites pour accueillir les visiteurs, plus de signes d'antiquité plutôt qu'une restauration impeccable... Il faisait très beau ce jour-là, mais j'aurais presque préféré plus de nuages pour ajouter à l'ambiance mystique. Malgré tout, la "merveille" est tout de même merveilleuse. Un endroit qui sort tout droit d'un rêve ou d'un livre de fantaisie. En fait, le site m'a beaucoup rappelé Gondor du Seigneur des Anneaux, avec une touche de Emperor's New Groove. J'ai particulièrement apprécié la présence des lamas broutant au milieu des ruines.

Ce qui rend les anciennes civilisations si charmantes, d'après moi, c'est leur usage du symbolisme. Chacun des oeuvres a une signification, une figuration, une abstraction. Ces peuples se sont donnés la peine d'être créatifs et minutieux et de donner un sens à ses oeuvres. Grand contraste avec nos blocs de béton modernes dont la beauté se mesure par mètres de hauteur et au dollar l'unité. Il me semble que les travaux des Anciens étaient davantage motivés par des idéaux que par le gain, tandis qu'aujourd'hui le pragmatique et le pécunaire ont remplacé l'inspiration exaltée. Bien que j'apprécie les constructions du passé, elles me rendent toujours un peu triste, puisque je me dis, en les admirant, que jamais plus on ne réussira à rivaliser leur splendeur.
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