Huaraz, pour moi, c’est LA ville parfaite. Un climat agréable, des paysages hallucinants, un coût de vie modique, des commerces diversifiés, une vie nocturne animée… L’endroit n’est ni trop grand et chaotique, comme Lima, ni trop petit et monotone, comme Huallanca. On y trouve tout ce que l’on a de besoin pour vivre heureux et satisfait. Et pour les amateurs d’aventures et de plein air, il n’y a pas meilleur endroit. Seule l'architecture laisse à désirer, vestige du séisme de 1970 qui a fait plus de 10 000 morts et a ravagé le paysage urbain.

Je suis arrivée à Huaraz durant le Carnaval, fête de délire et de débauche. À Huallanca, on le célèbre en accrochant dans la plaza, à la vue de tous, une poupée sosie et une pancarte racontant la vie (surtout amoureuse) de quelques malchanceux qui feront l’objet des potins villageois durant les prochaines semaines. Comme dans tout le pays, les jeunes s’amusent à se lancer de l'eau par la fenêtre et dans les rues. Justement quand j’étais en train de raconter à un chauffeur de taxi que je n’avais pas encore été mouillée **!
SPLAF!** j’ai reçu par la fenêtre ouverte du véhicule un ballon d’eau en plein visage. Quelques heures plus tard, n'ayant pu comprendre par-dessus le vrombissement du moteur les cris du chauffeur de mototaxi qui m'ordonnait de fermer la portière ouverte, j'ai encore une fois été victime d'une violente attaque aqueuse.

Le Carnaval de Huaraz est un événement d’ampleur. Durant
martes guerra, personne ne sort de sa maison sauf pour mouiller. Tous les commerces ferment leur porte et les véhicules disparaissent de la rue. En gang, les gens sortent avec leurs fusils d’eau et leurs seaux de peinture et d’huile pour attaquer tout être sur leur chemin. À moins d’être prêt pour une guerre sale, vaut mieux rester chez soi. D'esprit peu belliqueux, je préfère observer les
Viudas (veuves), ces hommes déguisés en femmes avec des masques grotesques, qui déambulent dans la rue à la poursuite de garçons peureux qui se feront embrasser, cajoler et battre. Quand arrivent ces personnages fous, tous les hommes s'enfuient terrorisés… et moi je meurs de rire.

De loin le plus bel épisode de mon voyage fut la randonnée à la lagune Churup. Avec 3 heures de sommeil et une gueule de bois, mon ami et moi avons parcouru près de 2 km de pentes raides pour arriver à un endroit réellement magique. Une étendue d’eau cristalline à 4450 mètres d’altitude, Churup est un joyau naturel enchanté et quasi intact, dont la beauté a rapidement chassé l'intoxication et la somnolence de nos corps. Après une nuit de camping au pied du glacier, nous nous sommes réveillés dans la brume matinale, reposés, émerveillés, au milieu d’un paysage divin.

Mon excursion dans le Callejón de Huaylas, ce long corridor naturel parsemé de villages coquets, a également été mémorable. Les trois principaux attraits, Carhuaz, Yungay et Caraz, ressemblent à des versions plus petites et champêtres de Huaraz.

Moins jolie que Churup, la lagune Llanganuco, dressée au-dessus de Yungay, au creux d'une faille profonde entre les pans de la Cordillère Blanche, est d’une couleur turquoise irréelle et entourée d'impressionnants queñuales, ces arbres andins résistants au froid et à l'altitude qui me rappellent les mains noueuses des vieillards de Huallanca.

À Caraz, les ruines de Tumshukaiko, datant du 2è siècle a.v. J-C., s'élèvent au milieu d’un paysage de cactus et de montagnes. Dans ce site archéologique étrangement solitaire, dépourvu d'enseignes, sans la moindre trace de visiteurs, j'ai senti un léger frisson d'angoisse en parcourant seule les tunnels sombres et silencieux de la cité inhabitée.
J’aurais tellement aimé faire partie d'un projet de SUCO à Huaraz. Si un jour je décide de m’établir au Pérou, c’est là que j’irai. Mais ne vous inquiétez point chers amis Canadiens, pour l'instant Montréal est toujours ma ville de prédilection.
La ville parfaite? Une ville parfaite ne peut être moche et celle-ci n'est belle qu'après qu'on a passé plusieurs mois ou plusieurs années dans ces régions. Heureusement qu'il y a la nature toute proche.
RépondreEffacerComment peux-tu trouver ça beau?
À chacun son goût.
RépondreEffacerNous avons évidemment des goûts très différents.
J'adore Huaraz parce qu'elle m'offre tout ce que j'aime et tout ce dont j'ai besoin : paysages splendides, nature toute proche, climat doux, culture et divertissements, tranquilité et sécurité, etc.
Comment peux-tu trouver ça moche?
Non, pas je ne trouve ni les paysages splendides, la nature toute proche, le climat doux, la culture et les divertissements, ni la tranquillité et la sécurité moches. Je parlais des bâtiments et des rues. C'est, pour moi, une condition suffisante (mais pas forcément nécessaire) pour qualifier de moche une ville. Cela dit, je suis tout à fait conscient de la subjectivité de mon commentaire, et de celui de billet, car le beau, le laid, bref l'esthétique, n'a rien d'objectif.
RépondreEffacerAussi, ne le prends pas mal.
Il n'y a, selon moi, pas plus de tord à qualifier un objet de laid que de louer la beauté d'un autre. Il n'y a que sincérité, tout personnelle.
Je te souhaite un excellent retour au Québec.
Tu as raison et d'ailleurs je l'ai mentionné dans le texte : l'aménagement urbain laisse à désirer. Après que l'ancienne ville ait été complètement détruite par le séisme de 1970, les bâtiments et les rues ont été reconstruites de manière désordonnée et boiteuse. D'où l'inesthétique architecturale de Huaraz.
RépondreEffacerAs-tu visité José Olaya? C'est la seule rue de la vieille ville qui est demeurée intacte. On y voit les belles grandes maisons blanches et les ruelles étroites d'antan.
Mais j'ai mille autres raisons pour aimer Huaraz malgré la mocheté du paysage urbain.
Ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas pris mal. Comme tu dis, il n'y a pas d'objectivité dans les goûts.