dimanche 23 septembre 2007

Et l'aventure commence!

De retour de Huaraz. J’avoue que ça fait du bien de se reposer un peu et de pouvoir sortir dehors sans veste! J’en ai profité pour faire une razzia du supermarché, manger au restaurant et jouir de la vie nocturne en compagnie d’Émilie.

Récemment, j’ai eu ma première petite aventure à l’extérieur du pueblo. Hermelinda, nutritionniste, et Ivan, agronome – deux nouveaux employés du Centro – étaient allés al campo mais n’étaient pas revenus avec la dernière combi de la journée. Une mission de secours constituée de trois braves héros s’est donc mise en place : Dani, la sage-femme du Centro, Luis, docteur serumista (résident), et Sophie, la nouvelle practicante (stagiaire). Dans la vieille ambulance du Centro qui fait un bruit terrible, nous avons emprunté le chemin de cailloux qui nous amenait vers les communautés lointaines, à la recherche de nos deux collègues abandonnés. La route étroite, comme toujours bordée de murailles ou de précipices, passait par des paysages que je supposais magnifiques mais que je ne voyais pas très bien dans l’obscurité. Quel effet de se promener ainsi dans les montagnes à la tombée du jour, les collines géantes laissant à peine entrevoir le ciel, la rivière ruisselant à notre côté et les quelques autobus de nuit passant dans le sens inverse, sur le même chemin trop étroit pour deux véhicules! La possibilité d’une collision à chaque tournant. Des éclats de lumière qui effrayaient le Dr. Luis qui redoutait une attaque par une mancha (gang) de cambrioleurs. Un canyon splendide entre trois pans de pierre. Des maisonnettes éclairées au feu dans les cerros. Un pont si étroit et sans garde-fou (construit par une compagnie minière qui, bien sûr, se fiche de la sécurité des populations qui génèrent ses profits). Toute excitée, j’étais retournée en enfance quand, avide d’aventure et de risques, on partait explorer les bois au milieu de la nuit ou on se racontait des histoires d’horreur pour le "trip" de sentir des frissons dans la nuque. Sauf que cette fois-ci, les dangers étaient réels (tomber dans le ravin, se faire voler, tomber en panne, par exemple). Entassée entre Luis y Dani dans la banquette avant de l’ambulance, j’ai eu chaud pour la première fois depuis que je suis arrivée à Huallanca. Puis, lorsque nous nous demandions justement si les quelques litres d’essence qui restaient nous suffiraient pour le retour, les phares se sont arrêtés sur deux silhouettes. ¡Salvación!, se lisait sur le visage des rescapés qui avaient marché 5 heures déjà et n’espéraient arriver à destination qu’au milieu de la nuit. Ce genre de choses arrivent souvent, m'a-t-on dit. En tout cas, j'ai vraiment hâte de partir à mon tour en communauté et de me perdre ainsi dans les montagnes de Huallanca!

Autre événement intéressant des derniers jours : le reinado. Organisé par les trois écoles de Huallanca, c’est un événement annuel où des fillettes se font voter reine de leur école, sont maquillées, habillées et exposées dans le Coliseo, puis s’assoient sur un trône en haut d’un char qui défile dans les rues, jetant des bonbons aux masses d’enfants entassés sur les trottoirs. C’était un peu pathétique et je n’en ai pas compris la signification, mais au moins le spectacle de danse traditionnelle était intéressant.

Et j’ai enfin franchi la première étape, la plus difficile, celle que je redoutais tant. Chaque jour de la semaine, en compagnie de Dani, j’ai visité le colegio pour coordonner les thèmes et l’horaire des charlas avec les tuteurs et leurs élèves. Chaque fois que je me suis présentée maladroitement devant les jeunes, je sentais la curiosité et l’excitation palpiter dans l’air (après tout, ils n’ont pas souvent l’occasion de parler de sexualité, avec une étrangère en plus). Ma nervosité s’est peu à peu dissipée et je sens que je vais bien m’amuser avec les jeunes. La première présentation commence demain soir. Le thème : Mitos sobre la sexualidad (Mythes sur la sexualité).

Aucun commentaire:

Publier un commentaire