mardi 11 septembre 2007

Arrivée

Je suis arrivée saine et sauve à Lima, avec tous mes bagages et toute ma bonne humeur, malgré le manque de sommeil des derniers jours.

Par un heureux hasard, j’ai rencontré maman, les flots et le beau-père à l’aéroport. Ils étaient là depuis belle lurette mais n'étaient toujours pas embarqués dans l’avion pour Winnipeg à cause de problèmes de bagages. J’ai pu leur dire une dernière fois au revoir avant de les quitter pour 6 mois.

Dans la salle d’attente, j’ai trouvé Ariane, l’autre stagiaire de SUCO au Pérou, en compagnie d’une nouvelle amie liménienne Monica. Celle-ci nous a parlé de la vie nocturne et de la scène musicale de la capitale, ainsi que du tremblement de terre et de l’état de traumatisme psychologique des populations sinistrées.

Après une escale de 2 heures à Toronto, je me suis retrouvée assise à côté d’une femme âgée péruvienne, avec qui j’ai conversé en espagnol pendant tout le vol. « Son muy abiertos y calurosos los Peruanos, no como los Quebequenses. Vas a ver, te encantará el Perú. » Je soupçonnais que son évaluation peu positive du Québec avait quelque chose à avoir avec un manque d'intégration linguistique et culturelle et le fait que malgré ses 17 ans à Montréal, elle retournait chaque hiver dans son pays natal. Elle devait considérer le Canada non comme une terre d’adoption, mais un endroit de transit pour lequel elle ne ressentait ni appartenance ni affection. Ce qui ne signifie pas qu’elle était une mauvaise personne. Au contraire, elle fit preuve de cette chaleur péruvienne dont elle me parlait en me laissant ses coordonnées et en m’invitant à faire un tour chez elle.

Arrivées à Lima à 1h30 du matin (avec 45 minutes de retard), nous avons rencontré Ricardo, un chauffeur de SUCO qui nous a conduit à l’hôtel. C’est dans le San Antonio Abad – un vrai palace 3 étoiles – dans une chambre confortable et étonnamment luxurieuse, que je consigne par écrit mes premières impressions de mon pays d’accueil.

So far so good. Même si on ne voit pas très bien dans l’obscurité jaunâtre, j’ai été agréablement surprise par l’originalité de l’architecture liménienne. En route vers l'hôtel, nous avons passé ce qui ressemble à un quartier industriel près de l’aéroport, puis San Miguel et enfin Miraflores. J’ai vu des maisons rectangulaires multicolores qui semblent avoir été construites pêle-mêle, au fur et à mesure que les habitants ont manqué d’espace. On aurait dit des boîtes entassées les unes par-dessus les autres, décalées, disparates. Mais ce drôle d’agencement a un charme indéniable. On voit que certains bâtiments plus officiels se sont inspirés de l’architecture vernaculaire et ont été construits dans un style semblable mais avec des éléments esthétiques supplémentaires. Bref, je suis déjà tombée amoureuse du paysage urbain de Lima!

Malheureusement, ce paysage peuplé de constructions uniques est aussi pollué par des signes de la mondialisation normalisatrice. Les grandes affiches publicitaires partout, les KFC à chaque coin de rue, les dizaines de casinos arborant des noms tels que « Hello Hollywood » ou « Magic City », etc… Quel dommage de voir que les tragamonedas sont facilement les bâtiments les plus chics et les plus visibles de la ville.

Les policiers en uniforme noir militaire et les gardiens de sécurité privés des grandes résidences contrastent avec les bazardeurs miséreux et les nettoyeurs de rues qui empilent des tas de sacs d’ordures. Un peu comme en Chine, où personne ne se donne la peine de jeter les déchets dans les poubelles puisque, de toute façon, on embauche des travailleurs pour les ramasser.

Parmi la variété d’arbres bizarres et les murs couverts de graffitis, j’ai aperçu plusieurs de ces fameux chifas – mot espagnolisé provenant de 吃饭 (chifan), qui signifie « manger » – qui sont les restaurants chinois au Pérou. On les retrouve partout au pays et ils font partie intégrante de l’imaginaire collectif péruvien, qu’on me dit. En fait, les Chinois péruviens forment le plus grand groupe ethnique asiatique en Amérique du Sud.

Bref, pour résumer mon appréciation initiale de Lima, je dirais que la ville me paraît éclectique, originale et fascinante. Mais je n’ai pas encore vu ses rues et ses édifices peuplés de gens. Je vous reviendrai plus tard avec mes impressions diurnes.

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