
Trop fatiguée pour apprécier le paysage enchanteur, je suis à peine consciente de notre entrée de plus en plus profonde dans la sierra. Puis, je me réveille juste à temps pour apercevoir un rayon de soleil éclairer le village de Huallanca niché au milieu des montagnes. C’est exactement comme je me l’avais imaginé : emplacement creux dans une vallée, petites maisons modestes, chiens et bétail dans les rues, vue époustouflante.

Dès que je descends, on me regarde avec le même air curieux. Les gens s’arrêtent et m’observent, les véhicules klaxonnent, les enfants s’amusent à deviner ma nationalité :
¡China! ¡Japonesa! ¡No coreana! Il fait soleil, mais on m’avertit des matins et des nuits glaçants. Meche me fait visiter le bureau de SUCO, le
Centro de salud (le centre de santé où je vais travailler), le
Coliseo cerrado (centre communautaire), la rivière qui traverse le village, un parc pour enfants, l’école secondaire et les deux écoles primaires, les quelques bars et le central électrique d’une mine avoisinante. Nous avons tout le mal du monde à trouver un restaurant qui sert des plats sans viande.

Le soir, je visite la maison dans laquelle je vais habiter. Señora Maria et sa belle-sœur, deux femmes extrêmement gentilles, m’accueillent dans leur grande résidence, qui comporte un petit magasin, une cour intérieure avec beaucoup de plantes, une maisonnette comme salle de bain, plusieurs chiens et chats et de nombreuses pièces. Durant mon premier mois, pour une immersion linguistique et culturelle, je vais vivre avec elles, dans une grande chambre au 2è étage, avec un poêle à ma disposition pour préparer mes repas. C’est parfait pour le début de séjour, mais je déménagerai plus tard dans une chambre plus indépendante.

C’est maintenant le temps pour une réunion avec les employés du Centro. Après le tour de table, nous discutons de mon mandat, mon espace de travail et les activités que je vais organiser. Deux choses me rendent nerveuse : mon niveau d’espagnol qui me semblait adéquat mais paraît maintenant misérable et le thème de grossesses précoces qui sera l’axe central de mon stage. Je m’inquiète de devoir donner des ateliers sur la santé sexuelle en espagnol à des étudiants du secondaire quand je parle mal, je ne suis pas experte sur le sujet et je ne connais pas très bien les tabous à l’égard de la sexualité.
Enfin, je rencontre Émilie, la coopérante qui travaille étroitement avec le Centro. Elle parle avec une telle fluidité et un accent local si authentique que j’en suis éblouie. Parfaitement intégrée dans la communauté qu’elle habite depuis 2 ans, elle a visiblement l’amitié et la confiance des employés de SUCO et du centre, ainsi que de la population. En l’accompagnant à son atelier sur la nutrition dans une classe du soir où participent adultes, enfants et bébés, je m’émerveille devant son talent oratoire et me demande si, en 6 mois, j’atteindrai le même niveau de confort.
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